Depuis le 6 juin 1944, les alliers sont sur le sol français. La résistance est forte en Normandie. Paris est libéré fin août. Les alliers veulent aller jusqu'à Berlin pour faire chuter le troisième Reich. Fin novembre, les armées américaines et françaises sont en Alsace, la libération est proche ... Voici le récit des derniers jours sous l'occupation allemande par Antoine MULLER.

Agé de 14 ans à cette époque, je me rappelle très bien les circonstances de la libération de notre village. Certes ce témoignage arrive tard, cinquante quatre ans après, plus d'un demi-siècle ... mais il me tenait à coeur de rapporter, simplement, les faits d'une libération d'un village alsacien. Pendant l'occupation allemande, alors que les alliés bombardaient les villes allemandes Outre-Rhin, cette population, très éprouvée par la peur, s'est principalement réfugiée en Alsace. Valff hébergeait plus de 70 réfugiés allemands répartis dans des logements vacants. Il s'agissait principalement de mères de familles avec leurs enfants. Nous avons souvent observé dans la nuit comment les avions des alliés plantaient des signales lumineux visibles de très loin et qui indiquaient aux bombardiers le périmètre dans lequel les bombes ont été lâchées. On entendait facilement le bruit des explosions.

Début septembre 1944, ces familles réfugiées ont été averties de quitter l'Alsace pour rentrer dans leur ville respective. Le 7 septembre, il n'y avait plus de réfugiés dans notre localité, à part une famille qui est restée jusqu'à la libération. A partir de mi-novembre 1944, la tension montait entre les occupants allemands confrontés aux armées françaises et américaines décidées de libérer l'Alsace. La résistance allemande était très forte, à tel point que les alliés avançaient lentement pour éviter le maximum de perte en hommes et matériel et aussi les dégâts dans les villages à conquérir. La tension montait aussi chez les villageois qui attendaient impatiemment la libération.

Char allemand Panzer IV à Abreschviller (Septembre 1944)

Les 24 et 25 novembre, quelques 200 soldats allemands SS, venant de Niedernai, assiégeaient notre village. Les unités allemandes stationnées entre Valff et Zellwiller étaient la 708e D.I., le 202e bataillon des chasseurs des Vosges ainsi que des éléments de police et de gendarmerie envoyés en renfort trois jours plus tôt.Ils avaient passé le bac à Neuf-Brisach. Trois chars « Panzer IV » étaient stationnés dans les cours de Pierre SAAS, Charles RIEGLER et Georges JOST. Un nombre important de canons étaient également sur place. Ce matériel roulant se déplaçait, deux jours après, vers Zellwiller tandis que les soldats se cachaient dans les fermes. Une salle de l'école des filles devenait un dépôt de munition.

[NDLR : un article consacré aux unités allemandes engagées à Valff paraîtra dans quelques jours. Celui-ci indiquera en particulier que c'est la 708. Volksgrenadierdivision qui est engagée à Valff (Antoine Muller citant ci-dessus son ancienne appellation de 708. Infanterie Division). Toutefois, à ce jour, il n'a pas été retrouvé de traces d'engagement d'unités de la Waffen-SS ou du Heeres-Gebirgsjäger-Bataillon 202 dans notre canton aux dates mentionnés]

La bataille de Valff va commencer ...

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