Edition de l'Elssässer de janvier 1900

Vous aimez les faits divers ? Sûrement. Et s'ils sont insolites plus encore, n'est-ce-pas ? Le journal généralement lu par nos anciens de Valff au début du XXe siècle était « l'Elssässer ». Journal catholique, il était préféré au journal « Strasburger Neueste Nachrichten » (anciennement DNA) également imprimé à Strasbourg. La direction de l'Elssässer publiait également le Volksfreund (l'ami du peuple). Nous avons sélectionné pour vous quelques pépites inhabituelles relatées dans divers journaux en usage dans les kiosques régionaux durant cette première moitié du XXe siècle.

31 août 1862

Course hippique à l'hippodrome à l'Ile des Epis de Strasbourg. Premier prix dans la course des poulains entiers non castrés, doté d'une prime de 500 Francs : Laurent SAAS de Valff (précision, c'est le poulain qui est non castré).

5 mars 1885

Une rixe entre gitans a éclaté devant la mairie. Coups de bâtons, de couteaux et arrachage de cheveux a été à l'ordre du jour. C'était surtout les femmes les plus virulentes en s'arrachant entre-elles leurs vêtements et leurs tignasses et en poussant de tels cris que la population est sortie dans la rue. La police municipale et des hommes forts eurent beaucoup de peine à séparer les belligérants et les évacuer hors du village. On constate ces derniers jours, une recrudescence de passage de tziganes et de monteurs d'ours. Des hordes s'introduisent dans le village et mendient du pain, du lard, de la paille, du foin et de l'argent. En contrepartie ils proposent de dire la bonne aventure. Nos femmes et nos enfants ont peur de ces énergumènes sales, effrontés et parlant un « Kauderwelsch » incompréhensible. 

4 mars 1888

A l'exemple de nombreuses communes avoisinantes, les agriculteurs de Valff vont créer une caisse mutuelle d'assurance qui a pour but d'indemniser dans le cas de la perte de bestiaux. Il est également prévu qu'elle serve à l'occasion de banque de prêts. 150 cultivateurs de Valff se sont fait inscrire dans la mutuelle et trente trois pour le fond de prêt. La caisse sera financée en grande partie par des subventions gouvernementales allemandes.

Billet de banque de 100 Marks de 1908

5 janvier 1896

Lors du cours de catéchisme, le maître d'école a demandé à ses élèves s'ils connaissaient quelque chose de plus dangereux que le diable. Un élève leva le doigt et dit : « C'est le huissier W... de Barr. Ma mère avait une vache et lorsqu'elle ne donnait pas assez de lait, elle disait toujours "Der Deifel sell ze hole !" (Le diable n'a qu'à venir la chercher). Le diable n'est pas venu chercher la vache, mais l'huissier ! C'est pourquoi le huissier est plus dangereux que le diable ! ». Imparable !

2 janvier 1898

Il y a quelques jours, un sanglier s'est promené dans notre village ce qui n'était pas du goût du garde-champêtre et des pompiers. La bête noire fut tuée à l'aide de fourches et de barres de fer, et offert à Mr le maire BIECHER qui la vendit à un citoyen de Barr.

4 août 1900

A Valff, les anciens soldats de l'armée française qui ont combattu contre les troupes allemandes en 1870 lorsque l'Alsace était encore française, ont reçu un dédommagement de guerre de la part des autorités françaises :

  • Mathieu LUTZ du 27 Régiment de ligne : 43,64 Francs
  • Joseph BRAUNEISEN du 14e Régiment de chasseurs à pieds : 14,75 Francs
  • Jean Georges MUNCH du 2e Régiment de génie : 25,75 Francs
  • Aloïse WERCK du 1er régiment d'artillerie : 59,10 Francs
  • Joseph SAAS du 12 Régiment de ligne : 35 Francs
  • Antoine WUCHER du 1er Régiment de Hussard : 55 Francs

17 mai 1903

Notre garde-chasse de Valff, BOUR, fait du zèle. Quand le garde-chasse du village voisin organise une battue, celui de Valff se positionne à la limite de sa juridiction. Quand un malheureux lapin traverse la frontière en direction du ban de Valff pour sauver sa vie, il le descend d'un coup de fusil expert. Naturellement, il justifie sa prise en ayant tiré sur son territoire tout à la contrariété de son homologue voisin. On ne peux que lui dire : Weidmannsheil (expression que les chasseurs s'adressent et qui signifie « Bonne chasse ! »).

9 octobre 1904

Lors du changement de propriétaire au restaurant « Zur Linde » (Au Tilleul) une bagarre générale a fait une victime: Xavier KIENNERT, 25 ans, est décédé des suites de ses blessures. La raison est à mettre sur le compte d'une rivalité entre les deux familles KIENNERT et MULLER, et surtout du nouveau arrivant dans le village, le nerveux Barnabé MULLER. Le médecin appelé sur place a du rafistoler des plaies pendant 4 heures. Bien des participants se sont ensuite éclipsés clopin clopant malgré leurs entailles et fractures pour éviter coûte que coûte d'être entendus. MULLER a écopé de 6 mois de prison et a été transféré au centre pénitentiaire de Saverne.

Lettre du 30 janvier 1905 du centre pénitentiaire de Saverne attestant l'enfermement de Barnabé MULLER

23 février 1905

Dans le Blasiusfeld, des ouvriers sont tombés sur une veine d'argile de 7 mètres de large. Une entreprise de tuilerie a commencé à exploiter la trouvaille.

Atelier de tuilerie. Un atelier se trouvait à Niedernai à la sortie vers Obernai

4 juillet 1905

Le nommé GEIGER, vannier de son métier, s'est disputé avec son homologue Georg R. de Valff. Suite à l'altercation Georg R. jura de tuer GEIGER le même jour. Il alla à Barr, acheta un révolver à 6 coups, se positionna devant la maison de GEIGER et ne bougea plus de là. Après une longue attente et perdant patience, ne voyant toujours pas sortir le Geiger, il tira 2 coups dans sa fenêtre, heureusement sans blesser personne. En réponse, GEIGER se jetait brusquement hors de sa maison en esquivant 4 autres coups de feu en sa direction. Depuis Georg est fugitif et traîne du côté du Ried ...

9 août 1905

Le jeune Jean-Pierre KIENNERT de 16 ans s'est fait surprendre par le garde-chasse BOUR en vérifiant un collet que le garde-chasse avait repéré auparavant. Niant en être l'auteur, il bénéficia en première instance d'un non-lieu mais en appel du payer la somme de 30 Marks ou 10 jours de prison.

10 novembre 1907

Culotés ! Des vanniers ont cambriolé en pleine nuit l'auberge de la veuve ROSFELDER dans la rue haute au n°27. Les voleurs sont entrés en pleine nuit par une fenêtre mal verrouillée pour visiter la cave, la salle à manger et la cuisine. Afin d'éviter une mauvaise surprise, ils ont fermé à clé la chambre à coucher où dormait l'aubergiste. Puis ce fut le départ d'une orgie de consommation de bière, de vin, d'eau de vie et de nourriture jusqu'à ce que les convives auto-invités, sous l'effet de l'alcool, ont commencé à faire la fête et à chanter. Réveillé par le bruit, l'aubergiste essaya en vain d'intervenir. Lorsqu'il réussi enfin à sortir de sa chambre, toute la bande avait disparu, lui laissant en souvenir, quelques vieux chapeaux et des souliers troués !

18 novembre 1907

La chapelle St Blaise a été cambriolée. Les troncs ont été vidés et les statues et images endommagées. On soupçonne trois ressortissants italiens au comportement douteux. Ils sont employés à la construction de la ligne de chemin de fer Ottrott-Erstein et qui ont été vus à proximité. 

10 septembre 1910

Sa majesté l'Empereur a décidé de conférer un diplôme d'honneur pour son assiduité à Mlle Madeleine ROSFELDER qui travaille chez Florent ROSFELDER à Valff. Avec le diplôme elle reçoit aussi en cadeau : un fauteuil. Bon repos !

Vendanges à Gertwiller (Fond BLUMER, archives de Strasbourg)

3 octobre 1910

Les vendanges sont déclarées ouvertes. Certains propriétaires viticulteurs de la région regrettent que cette année la récolte sera quasiment nulle. Les vers et la cochylis ont eu raison de la production malgré le sulfatage. Sur les parcelles des pieds des montagnes, les viticulteurs espèrent, si tout va bien, un tiers de la production. A Valff néanmoins on parle de deux tiers de production, ce qui fait de la commune la plus belle de l'Alsace ! On y compte récolter 20 hectolitres par jour pour 20 ares. Le vin nouveau se vend déjà 50 à 60 Marks l'hectolitre.

25 novembre 1912

Dans la nuit de mardi à mercredi l'agriculteur ROSFELDER découvrit avec stupéfaction que ses arbres fruitiers avaient été coupés. La gendarmerie a utilisé un chien-policier pour remonter la piste du voleur. L'animal, malgré la pluie, a emmener les enquêteurs jusque devant la maison du propre frère du lésé. Ce dernier nie les faits.

2 septembre 1913 

Mais pas siiiiiiiii vite ! Qui ça ? Ben les voitures pardi ! Valff possède une longue ligne droite avec sa rue Principale, qui, de tous temps, a inspiré les adeptes du champignon écrasé. Au début du XXe siècle la multiplication des véhicules motorisés va pousser l'administration municipale à éditer un arrêt approprié (on y reviendra). En attendant, le 2 septembre 1913, on déplorera les premières victimes. 

Le village est en ébullition. Une automobile infernale traverse le village à tombeau ouvert ! La machine pétaradante tue au passage plusieurs volatiles et le beau chien de l'aubergiste Léo GYSS du restaurant au Soleil. Personne n'a pu relever le numéro d'immatriculation. Du poste des télégraphes dans la rue Thomas on téléphona en urgence aux communes voisines pour recueillir des informations, en vain. On va sortir les fourches [en savoir plus : Un chauffard à Valff !] !

28 août 1913

La société de musique « Alsacia » fête le 31 août l'anniversaire de sa fondation. A cette fête participeront le mouvement patriotique, le vélo-club, ainsi que les sapeurs-pompiers. Les attractions principales se dérouleront l'après-midi avec un grand défilé dans le village. Le soir se tiendra une retraite aux flambeaux.

4 octobre 1913 

En vertu de la décision prise à l'assemblée générale de juillet 1913, la Caisse agricole d'Epargne de Valff crée en 1888 est dissoute. Les créanciers sont invités à faire valoir leurs droits. Comme liquidateurs ont été nommés Etienne SPECHT, Blaise ANDRES et Charles RIEGLER.

A suivre...

Sources :

  • Gallica
  • Fond Antoine MULLER
  • Fond BLUMER
  • Bibliothèque Universitaire de Strasbourg
  • Archives communales

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