Photo prise en 1905 dans la cour du restaurant « Au Canon », des conscrits de la classe 1885 avec Florent WUCHER, son petit fils (entouré d'un cercle )

Dans l'épisode 4, Florent WUCHER nous quittait à l'âge de 43 ans. En nous laissait ses mémoires, il nous a permis de nous imaginer la vie de son époque. Mais au final que savons-nous sur la famille WUCHER ?

La ferme de la famille WUCHER Florent était numérotée 160 dans la rue de l'église. Le détail des impôts sur les portes et fenêtres fait état d'une maison à 1 étage avec 10 fenêtres sur 9,45 ares de terrain. On peut estimer qu'il était un propriétaire agricole moyen. En 1836 il employait une domestique du nom de Barbe ROTH, âgée de 14 ans. Elle recevait en plus du gîte et du couvert 25 francs de salaire annuel. Des journaliers aidaient à la moisson.

La liste des dépenses concernant une autre de ses servante, Barbara WETTER se compose comme suit :

  • 3 francs d'amende payé pour sa libération de prison..... ???
  • 24 francs en espèce,
  • 14 aunes de tissus de Kelsch,
  • 12 aunes de tissu de chanvre,
  • 12 aunes de tissu à chapeau,
  • un chapeau de flanelle en laine,
  • un chapeau en coton,
  • une paire de chaussettes,
  • 2 paires de chaussures,
  • 2 paires de semelles,
  • 1 tour de cou pour le travail,
  • 1 cache-nez,
  • 1 foulard,
  • reçu 2 francs pour la robe en laine et 2 francs pour aller la chercher,
  • 3 francs 50 pour la culotte,
  • 3 frs pour le tablier et le châle.

Il y avait aussi un valet du nom de Hess COFMAS que l'on habillait également de la tête aux sabots, en passant par la veste en flanelle pour les jours de fête et l'argent de poche qui allait avec. Les produits agricoles jusqu'au fumier étaient vendus au marché de Barr, le tabac livré à Strasbourg. En 1836, il en livra 15 quintaux pour 277 francs.

Florent empruntait souvent de l'argent à Obernai chez Pierre Paul GONTRON et KOLMANN. Il emprunta également auprès de sa famille et de ses amis. Il allait acheter les médicaments à la pharmacie d'Obernai. Il tenta de sauver son enfant mortellement malade en payant 40 francs à Strasbourg en profitant d'une livraison de tabac, 40 francs au médecin d'Epfig et 25 au docteur MEYER, soit la valeur d'une petite charrette neuve. Les frais médicaux pouvaient ruiner une famille.

La ferme attenante au 160, était habitée par son frère, Antoine, qui se mariera en 1845 à 43 ans avec Maria Ursula SAAS, 22 ans. Curieusement, dans l'acte de mariage, il affirmera sous serment ne connaître ni le lieu ni le dernier domicile de ses parents décédés. Antoine mourra à l'âge canonique de 84 ans. Avant août 1841, la famille Florent WUCHER déménagera au 161 et Antoine ira vivre au numéro 189. A partir de 1846 et le mariage d'Antoine, le famille de Florent est répertoriée au numéro 177. En 1852 s'éteignit aussi la sœur de Florent, Anne Marie, âgée seulement de 40 ans.


Comme nous avons pu le constater pendant le récit de sa vie, la limite entre la vie et la mort était mince. Une mortalité infantile élevée en moyenne de 20 % environ déchirait les coeurs, le climat capricieux pouvait ruiner les moyens de subsistances. Un quotidien rustique : pas de sanitaires, une hygiène sommaire, une nourriture peu variée et difficile à conserver sans réfrigérateur limitait les plaisirs. Mais ce qui semble le plus surprenant, en essayant de percevoir des sentiments dans les écrits, est la froideur apparente des relations humaines. Peu ou pas d'expressions affectueuses entre les membres d'une même famille sauf pour certaines mères et les enfants. Les pères souvent, préféraient la compagnie des amis de bistrots et auberges. Il y en avait donc de nombreux dans les communes.

C'était une vie rustique.  Les ancêtres que nous aimerions parfois avoir connu... et dont nous avons essayé d'effleurer le quotidien dans cette saga de: "Fragments d'une vie".  

L’évolution de l’anesthésie au XIXème siècle

Ayant appris les opérations éprouvantes et inhumaines que Florent a du endurer, la question de l'anesthésie mérite une approche.

La chirurgie et l’anesthésie ont connu un développement majeur au 19ème siècle. Certaines opérations trop douloureuses posaient des problèmes aux médecins de l’époque. Il a fallu trouver un moyen d’éliminer cette douleur. Mais au début du siècle, on parlait essentiellement de chirurgie « de guerre », comme lors des guerres napoléoniennes où les soldats étaient anesthésiés avec de l’alcool. On sait également que beaucoup de femmes mouraient en couche suite aux infections ; les outils n’étaient pas propres, les mains étaient sales de même que les draps. On mourrait plus des suites des infections que des blessures.

L’anesthésie qui apparaît vers 1837 ne fait même pas l’unanimité dans la communauté médicale. Curieusement a ses débuts, on considérait l’usage de l’anesthésie comparable à l’usage de drogues affligeantes car la douleur était considérée comme un phénomène inséparable de l’acte opératoire. On retrouve cette insensibilité et ce manque d'empathie même chez les médecins. Quelques plantes comme la belladone, la mandragore et le pavot pouvaient atténuer la douleur. On eu aussi recours au magnétisme, à l’hypnose ou simplement à la cuite alcoolique. D'autres pratiquaient la saignée sur la zone à insensibiliser.

Heureusement, les progrès en chimie ont mis en évidence les effets anesthésiques du protoxyde d’azote, l’isolement de la morphine, la découverte du chloroforme ... La première opération pratiquée sous anesthésie générale a lieu à Boston en 1846. Dès 1847 on commence à remplacer l’éther par le chloroforme. L’anesthésie opératoire se généralise dans la deuxième moitié du 19ème siècle. La chirurgie moderne est née.

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