Le 28 septembre 1870, après le siège, la ville de Strasbourg capitule et se rend à l'armée prussienne. Mais avant, suivons le déroulement des derniers jours et le vécu grâce au témoignages de ses habitants et ses défenseurs.
Un officier de chasseurs à pied, blessé au siège de Strasbourg, et qui nous a adressé la protestation qu'on lira plus loin contre les bruits infâmes mis en circulation sur la reddition de Strasbourg, veut bien nous communiquer quelques numéros du Courrier du Bas-Rhin publiés pendant le siège. Nous en détachons les chroniques suivantes, qui feront comprendre mieux que de longues descriptions quelles ont dû être les émotions des malheureux habitants pendant ce long siège.
22 septembre
Nuit plus bruyante encore que la nuit dernière ; pas une heure sans canonnade, sans explosion de bombes et d'obus. Pendant près d'une heure aussi, entre onze heures et minuit, une fusillade formidable a éclaté du côté nord de la ville, mêlée de coups de canon et de décharges de mitrailleuses. Sur toute la ligne des fortifications situées au nord, le canon a tonné en même temps avec une vigueur extraordinaire. Encore un brave enfant de l'Alsace qui tombe au poste d'honneur. Fernand HELMESTER, étudiant en médecine, engagé volontaire dans l'artillerie de la garde mobile, a été tué hier soir, au moment où il pointait une pièce.

Plusieurs enterrements ont eu lieu ce matin, qui ont vivement ému la population ; ce sont ceux de trois braves citoyens de Strasbourg, artilleurs de la garde nationale, tués par l'ennemi. Huit victimes du bombardement à enregistrer dans la journée d'hier.Cette nuit a été un peu moins bruyante que la précédente. Une forte fusillade pourtant a été entendue pendant plusieurs heures du côté du faubourg de Pierre. Depuis quelques jours, l'hôpital n'est pas plus épargné que les autres bâtiments de la ville. Ainsi, le 21, une balle est entrée dans la salle n°21, et est allée frapper un blessé dans son lit, en traversant tout ce qui le couvrait. Le 22, plusieurs éclats d'obus et de bombe ont frappé les différents bâtiments. Cette nuit entre autres, un obus entier a traversé le grenier des bâtiments de la Maternité, juste au-dessus de la salle où se font les accouchements, et est tombé dans la cour sans éclater.Pas une journée sans victime. Douze noms à ajouter encore à cette liste si longue.
24 septembre
Le 23 de ce mois, à l'heure de l'enterrement du lieutenant HELMESTER, en outre des éclats qui ont frappé M. HENRY, conseiller municipal, ainsi que son voisin, deux obus sont venus atteindre les arbres de notre cimetière provisoire.

On assure que cette même observation a été faite à l'occasion des enterrements, de manière à prouver que les prussiens, informés que les enterrements se font généralement dans la matinée, en choisissent intentionnellement les heures pour faire du cimetière le but de leurs coups, et faire de nouvelles victimes dans les circonstances les plus douloureuses et dans l'accomplissement du devoir que l'on renonce à accomplir.
25 septembre
Des incendies, des ruines, des morts et des blessés, tel est le triste bilan de la journée d'hier, comme il a été celui des journées précédentes. Le feu continue ses ravages, au faubourg de Pierre. Ce matin, d'énormes colonnes de fumée s'élevaient encore de ce côté de la ville, et les obus tombaient sans discontinuer.Plusieurs victimes ont été portées à l'ambulance. Un ouvrier imprimeur a été tué dans son domicile. Un obus a enfoncé la muraille d'une maison du faubourg National ; les débris du mur ont tué un enfant dans son lit, et les éclats du projectile ont affreusement mutilé un homme qui doit avoir succombé à ses blessures.

La garde mobile est douloureusement éprouvée depuis quelque temps, et chaque jour elle perd quelques-uns des braves jeunes gens dont elle se compose. Les rangs des sous-officiers s'éclaircissent rapidement, et le corps des officiers est frappé avec une affligeante persistance.
26 septembre
Les morts et les victimes deviennent de plus en plus nombreux chaque jour, et chaque jour l'œuvre de destruction devient plus terrible. Les batteries ennemies sont à présent à courte distance des murs et leur feu devient plus nourri. Les bombes, qui ne tombaient d'abord que sur les remparts et sur les maisons du faubourg, viennent tomber maintenant presque au centre de la ville. La rue de la Mésange est abîmée depuis deux jours par ces projectiles qui effondrent des maisons entières ; le café de la Pomme-de-Pin entre autres a été à moitié démoli par une seule bombe.
Les obus à balles éclatent par centaines dans les rues.Pendant la journée d'hier et pendant cette nuit, de nombreux habitants ont été atteints, soit dans les rues, soit dans leurs demeures. Les faubourgs ont fourni un triste contingent de victimes.Cette nuit, vers deux heures, le bruit d'une bataille a retenti du côté des faubourgs ; une fusillade terrible, entremêlée de coups de canon, a tonné pendant deux heures sur tout ce demi-cercle de fortifications. L'ennemi a été repoussé. Encore quinze victimes du bombardement.

Les journaux qu'on nous a communiqués ne vont pas au-delà de la date du 26. Les extraits que nous venons de faire de la chronique quotidienne permettent de juger quelle a été la vie d'angoisse, de tristesse et d'émotion des malheureux habitants de Strasbourg, dont l'héroïsme n'a pu vaincre la mauvaise fortune.

Témoignage d'un capitaine d'artillerie. « Ayant, en ma qualité d'officier d'artillerie, participé à la défense de Strasbourg, permettez-moi de démentir les bruits fâcheux qui ont couru sur la reddition de la place. Il est plutôt miraculeux qu'elle ait pu tenir aussi longtemps. En effet : Strasbourg n'avait pas été mis en état de défense ; on n'avait pas rasé les plantations et les habitations qui entourent la ville, et l'ennemi pouvait s'approcher impunément, fusiller à bout portant les défenseurs des ouvrages avancés, établir ses batteries à l'abri de nos vues, etc. ; la garnison était tout à fait insuffisante, puisque, au commencement du siège, elle comprenait au plus 11 000 hommes, desquels il faut déduire les non-combattants, les compagnies d'infirmiers, les ouvriers d'administration, les gendarmes, etc.
L'ennemi nous écrasait par une artillerie bien supérieure en puissance et en précision. Tandis que nous ignorions complètement les dispositions de l'ennemi, ses forces, etc., il entretenait des intelligences dans la place, grâce à certains habitants, Français de naissance, mais Prussiens de cœur, et malheureusement trop nombreux à Strasbourg. C'est dans ces conditions défavorables que cette pauvre ville s'est défendue pendant près de deux mois et a résisté à un bombardement continu, dont, à l'origine, 4 à 5 jours de bombardement à toute outrance. Un officier d'artillerie, qui a écrit un traité sur les bombardements, les préconise dans un but d'humanité. Un bombardement, dit-il, est une chose si horrible, qu'une ville qui le subit se rend de suite ; en bombardant une ville, on épargne donc à la population les longueurs et les souffrances d'un siège. Strasbourg, par sa fermeté et sa résignation, s'est chargé de démentir cette étrange théorie.

Dans les derniers jours du siège, la position n'était plus tenable ; la foudroyante artillerie de l'ennemi avait rasé les parapets du front d'attaque, démonté ses pièces, etc. ; les débris de la garnison, épargnés par le feu des Prussiens, auraient été impuissants à repousser un assaut qui était imminent et dont les conséquences auraient été horribles pour la population. C'est donc dans un but d'humanité que le conseil de défense a capitulé à des conditions honorables ; d'ailleurs, dans les circonstances actuelles, il n'y avait aucune importance à prolonger la résistance de quelques jours. Telle est la vérité vraie, et tous ces bruits de reddition prématurée ont été répandus par quelques couards qui, cachés dans leurs caves pendant la durée du siège, ont, dès que le drapeau blanc a été arboré sur la cathédrale, montré au soleil leurs faces blêmes, et trouvé honteux que la ville se rendît.
Veuillez agréer, Un capitaine d'artillerie, prisonnier sur parole »
Le Général Jean-Jacques Alexis UHRICH

Jean-Jacques Alexis Uhrich (1802-1886) est un général de division français, principalement célèbre pour avoir été le gouverneur militaire de Strasbourg lors du siège de 1870. Né à Phalsbourg (Moselle), il sort diplômé de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1820 (première promotion de la Restauration).
Il sert en Algérie, participe à la guerre de Crimée (promu général de division en 1855) et commande une division lors de la campagne d'Italie en 1859. : Rappelé du cadre de réserve au début de la guerre franco-prussienne en 1870, il prend le commandement de la 6ᵉ division militaire et la charge de gouverneur militaire de Strasbourg. Face à 60 000 soldats coalisés allemands et sous un intense bombardement (près de 200 000 obus), il résiste pendant 46 jours avant de signer la capitulation de la ville le 28 septembre 1870 pour épargner la population civile et les monuments. Il recevra la Grand-croix de la Légion d'honneur en 1870.
Lettre à son cousin au sujet de la capitulation de Strasbourg

Bâle 14 octobre 1870. Je sais depuis longtemps qu'il n'y a pas loin du Capitole à la roche tarpéienne ; j'en fais la triste expérience. Que l'on m'accuse d'insuffisance, d'impéritie, je le comprendrais ; mais de trahison ! voilà qui est infâme. Trahison ! Et envers qui ? Est-ce envers la République et le gouvernement de la défense nationale ? Mais c'est moi qui les ai fait reconnaître l'une et l'autre à Strasbourg.
On comprendrait une trahison au début d'un investissement ; mais après un siège de deux mois, après avoir vu brûler et renverser une ville, tuer ses habitants, décimer sa garnison, où pourrait se glisser la trahison ? La route de Strasbourg est ouverte ; que l'on aille voir sa citadelle détruite, ses remparts labourés, son artillerie anéantie, ses ouvrages avancés intenables et deux de ses bastions en brèche ; que l'on s'arrête devant les ruines de ses monuments, devant celles de ses maisons ; que l'on se rende compte de la pluie de fer, de plomb, de feu, qui couvrait tous ses terrains militaires ; que l'on examine ces projectiles puissants et inconnus jusqu'ici que deux cents pièces de canon nous lançaient, et, loin de dire que la reddition de la ville a été prématurée, on s'étonnera que la résistance ait été aussi prolongée, que l'on ait pu soutenir pendant trente-huit jours et trente-huit nuits un bombardement sans précédent jusqu'à ce jour.
La situation s'était compliquée par la perte de 85,000 fusées métalliques incendiées avec l'arsenal de la citadelle, et que rien n'a pu remplacer.Malgré cela, nous aurions pu tenir tant que le corps de la place eût été intact ; mais, dans les derniers jours, les travaux d'approche de l'ennemi prirent une rapidité extraordinaire ; il couronna nos chemins couverts, se fit des abris blindés pour protéger les troupes destinées à livrer l'assaut, ouvrit deux brèches : l'une au bastion 12, praticable, et l'autre au bastion 11, que deux heures de feu allaient rendre praticable.L'assaut était impossible à soutenir pour nous. Les remparts et tous les abords, foudroyés par la puissante artillerie meurtrière, n'eussent pas été tenables pour les défenseurs de la brèche, qui, en moins d'une demi-heure, eussent été anéantis, et l'ennemi fût monté à l'assaut sans coup férir.
Devions nous - devais je, plutôt - exposer la malheureuse ville de Strasbourg, qui déjà avait tant souffert, aux horreurs d'une ville prise d'assaut, alors que nous n'avions pas une seule chance favorable pour la résistance ?Mon Conseil de défense ne le pensa pas (et, certes, celui-là est inattaquable au point de vue de l'énergie). Consulté par moi, et après délibération étendue, il a déclaré à l'unanimité :Que l'assaut ne pouvait pas être supporté avec des chances de succès ; que le moment était venu de capituler.Le reste s'en est suivi. Oui, je le déclare hautement ; oui, l'honneur militaire est sauf !

Attaqué par les braves du lendemain ou par des personnes qui ont cédé, sans réflexion, à une première impression, j'aurais voulu garder le silence et attendre que la vérité se fit jour d'elle-même ; mais le mot : trahison ! m'a créé un devoir, celui de protester de toute l'énergie d'une conscience honnête et longuement éprouvée. Je livre une carrière de cinquante-deux années de services militaires aux investigations les plus minutieuses, carrière que ne sauraient ternir les propos de quelques personnes mal renseignées ou malveillantes.
J'aurais pu vous parler de l'incurie avec laquelle on a abandonné Strasbourg, sans garnison, sans troupes d'artillerie suffisantes, sans le plus petit détachement du génie ; j'aurais pu vous dire bien d'autres vérités encore, mais il me faudrait sortir du terrain de la défense personnelle où je désire rester.Faites, cousin, ce que vous jugerez convenable de cette trop longue lettre. S'il m'est permis d'exprimer un désir, c'est de la voir livrée à la plus grande publicité possible.
Recevez, Monsieur et cher cousin, mes remerciements pour la franchise avec laquelle vous m'avez mis au courant des bruits qui se répandaient sur mon compte ; je sais apprécier la loyauté qui vous a guidé, merci encore.
Général UHRICH
Le 5 novembre 1870, le Général UHRICH répondit au journal Niederreinischer Kurier :


Extraits

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L'aides de la délégation suisse
En 1576, les Zurichois voulaient prouver aux Strasbourgeois qu'ils pouvaient venir rapidement à leur secours en cas d'attaque, malgré la distance. Pour le démontrer, un équipage zurichois a navigué le long de la Limmat, de l'Aar et du Rhin avec une marmite de bouillie de millet (Hirsebrei) bouillante à bord. Arrivés à Strasbourg le soir même en une vingtaine d'heures, ils ont servi la bouillie encore chaude aux habitants. Cet exploit logistique, appelé la Hirsebreifahrt, a scellé l'alliance entre les deux villes et reste commémoré à Strasbourg par la rue de Zurich et la marmite historique conservée au Musée Historique.
Les secours envoyés par la Suisse durant le siège, et particulièrement l'intérêt efficace manifesté par le Bâlois, ont éveillé dans le cœur des Strasbourgeois le sentiment d'une profonde reconnaissance qui, nous l'espérons, ne s'effacera pas de longtemps. Le rôle de la mission suisse était évidemment fini le lendemain de la capitulation. La fontaine des Zurichois s'élève à Strasbourg sur la place du Pont aux-Chats dans le quartier de la Krutenau.


La promesse suisse vit un accomplissement exemplaire en septembre 1870. Nous avons sous les yeux un rapport que vient de publier le Comité exécutif suisse de secours aux Strasbourgeois, afin de rendre compte de ce qu'il a fait jusqu'à ce jour pour accomplir sa mission.Nous empruntons les renseignements suivants à ce document, signé par le président du Comité, M. KOECHLIN, de Bâle, membre du Conseil des Etats.
Le nombre des réfugiés strasbourgeois qui ont été recueillis en Suisse par les soins des divers Comités cantonaux s'est élevé à 1265 ; un nombre plus grand encore probablement se sont rendus directement en Suisse avec leurs billets de sortie de la place ou bien en Alsace, ainsi que dans les localités voisines du grand-duché de Bade. De ces 1265 personnes ont été expédiées par les convois : 121 à Zurich, 116 à Berne, 71 à Aarau, 25 à Lausanne, 11 à Safenwyl, 25 à Lucerne, 28 à Langnau et 32 à Neuchâtel, ensemble 429. D'autres, au nombre de 254, ont continué leur route avec des billets gratuits et isolément ; 191 sont reparties de Bâle sans en donner avis ; 79 sont restées à leurs frais dans les hôtels de Bâle ; enfin ont été logées dans les maisons particulières et à la caserne de Klingenthal.

Des billets gratuits sur chemins de fer suisses ont été délivrés de la manière suivante :
- Neuchâtel : 12
- Zurich :128
- Romanshorn : 4
- Chaux-de-Fonds : 1
- Verrières : 33
- Genève : 137
- Yverdon : 2
- Lucerne : 11
- Olten : 4
- Berne : 25
- Lausanne : 25
- Saint-Gall : 7
- Wildegg : 18
- Liestal : 1
- Winterthour : 8
- Fribourg : 2
- Baden : 7
- Zoug : 3
- Aarau : 24
- Schaffhouse : 1
- Amriswyl : 2
- Altstætten : 1
- Bienne : 1
Des logements avaient été mis à la disposition du Comité exécutif par les localités suivantes : Berne, Bienne, Porrentruy, Moutiers, Sonceboz, Zurich, Aarau, Zofingue, Lengnau, Lucerne, Sursee, Willisau, Soleure, Glaris, Schaffhouse, Thurgovie, Saint-Gall, Appenzell Rh. Int., Grisons, Zoug, Schwytz, Einsiedeln, Uri, Neuchâtel, Fribourg, Morat, Vaud, Genève, Valais, Lugano, Bâle-Ville et Bâle-Campagne. S'étaient annoncés simplement pour des subsides en argent Appenzell Rh. Int., Obwald, Locarno, Zimmerwald, Saint-Imier, Glaris et Schwytz (canton).

Le Comité a reçu de France les dons suivants :
- de Mulhouse 4500 francs,
- de Marseille 4000 francs,
- de Besançon 5000 francs,
- et de Nîmes (annoncés) 7000 francs.
Le rapport mentionne dans le Journal de Genève, avec les éloges qu'elle mérite, la libéralité des Compagnies de chemin de fer suisses qui ont accordé le passage gratuit sur leurs lignes à toutes les personnes munies de la recommandation du Comité ; le chemin de fer badois opérait bien en principe gratuitement le transport jusqu'à Bâle des Strasbourgeois sans ressources ; mais ceux qui avaient réussi à sauver du naufrage de bons habits étaient envisagés comme ayant des ressources, lors même que c'était tout l'avoir qui leur restait. Le Comité a donc dû acquitter sur cette ligne le transport pour beaucoup de personnes qui ne pouvaient en réalité payer leurs billets, et beaucoup d'autres y ont épuisé leurs derniers sous. On n'a pas pu obtenir de l'administration badoise le transport gratuit des effets et subsistances dirigés de Bâle sur Strasbourg ; mais de nouvelles démarches sont faites en ce moment dans ce but.
Les proportions de la calamité dont Strasbourg a été frappé sont si colossales que cette population ne peut être abandonnée à elle-même. Le Comité compte donc sur une continuation de son œuvre ; il s'est formé dans Strasbourg même un comité de secours composé d'hommes capables et honorables, au nombre de vingt trois, et à la tête duquel se trouve le maire de la ville, M. KUSS ; il vient de publier un appel pressant à la bienfaisance de tous pour remédier à des pertes qui se chiffrent par centaines de millions, et soulager des misères infinies, puisque plus de 6000 personnes de toutes les classes sont aujourd'hui même sans le moindre abri.
Le plus nécessaire est l'argent, ensuite le verre, les vêtements, la literie, les meubles.Le Comité exécutif suisse a, dès le premier abord, fait parvenir à Strasbourg des subsistances pour un chiffre de 10,000 francs ; en outre, il a mis à la disposition du comité formé à Strasbourg une somme de 12,000 fr.Le rapport conclut que la Suisse ne peut encore retirer à ses amis abattus son bras secourable, et invite tous les Confédérés à contribuer à l'ouvrage si bien commencé. Cet appel, nous n'en doutons pas (et pour n'en pas douter, le passé nous est un garant de l'avenir), sera partout entendu en Suisse, et nous saurons achever la tâche que nous avons si bien entreprise.
Le monument de Bartholdi
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Bas-relief du monument de Bartholdi à Bâle
Natif de Strasbourg, le baron GRUYER avait souhaité dédier à la Confédération suisse un monument pour la remercier de l'intervention de sa délégation durant le siège de Strasbourg en 1870 et en a confié la réalisation au sculpteur colmarien Auguste BARTHOLDI. L'élément principal de ce monument est un groupe sculpté en marbre intitulé Monument à la Suisse secourant Strasbourg. Il surmonte un haut socle en granit sur lequel ont été fixées deux plaques représentant, l'une, l'arrivée en 1870 des émissaires suisses dans Strasbourg dévastée et à l'autre, l'accueil des Zurichois par les Strasbourgeois en 1576. Le monument, à la base duquel est gravée la dédicace À la Suisse, hommage reconnaissant d'un enfant de Strasbourg. 1870, avait été érigé devant la gare de Bâle et inauguré en 1895.
Ce cousin à qui le Général Alexis UHRICH adresse cette lettre justificative depuis Bâle est le comte Guillaume de LEZAY-MARNESIA (1809-1884). Conseiller général du canton de Niederbronn-les-Bains et figure éminente de l'Alsace au XIXe siècle, Guillaume de LEZAY-MARNESIA était le fils d'Adrien de LEZAY-MARNESIA, le premier préfet du Bas-Rhin sous le Premier Empire.
Le lien de parenté entre les deux hommes passe par l'épouse du Général UHRICH, Pauline-Émilie de LEZAY-MARNESIA, qui était la cousine germaine de Guillaume. Après la capitulation de Strasbourg le 28 septembre 1870, alors que le général UHRICH est violemment pris à partie par la presse parisienne et une partie de l'opinion publique qui l'accusent de trahison ou de capitulation prématurée, Guillaume de LEZAY-MARNESIA lui écrit pour l'informer des rumeurs et des attaques qui circulent à son sujet. C'est en réponse à cette démarche loyale que le Général UHRICH rédige ce plaidoyer pour défendre son honneur, lui demandant de donner à sa lettre « la plus grande publicité possible ».
Sources :
- Gallica
- Illustrations manquantes par IA
Autres articles sur la guerre de 1870 en Alsace :
- Semaine du 18 au 24 juillet (partie 1)
- Semaine du 25 au 31 juillet (partie 2)
- Semaine du 1ᵉʳ au 7 août (partie 3)
- Semaine du 8 au 14 août (partie 4)
- Semaine du 15 au 21 août (partie 5)
- Semaine du 22 au 28 août (partie 6)
- Semaine du 29 août au 5 septembre (partie 7)
- Septembre et la capitulation bouleversantes de Strasbourg (partie 8, 1/2)
- Septembre et la capitulation bouleversantes de Strasbourg (partie 9, 2/2)
- La guerre à Neuf Brisach (partie 10)
- La guerre à Mulhouse, Guebwiller et Thann (partie 11)
- La guerre à Colmar, Ribeauvillé et Riquewihr (partie 12)
- La guerre à Barr, Obernai, Benfeld, Erstein, Andlau, Molsheim et Schirmeck (partie 13)