- Écrit par : Frédéric VOEGEL
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Les mois d'hiver sont synonymes de froid, de recueillement et de prière silencieuse. Le mois de novembre nous fait repenser à nos chers disparus. Une présence s'est éteinte et continue à revivre en nous telle une ombre face au soleil. Peut-être que ces mois d'hiver nous invitent à retrouver le sens de la prière !
Prier, c'est se mettre en présence du Dieu créateur de toute chose. Il est la vie naissante et celle qui s'achève en vie éternelle. Il est le Père qui a mis son image en moi. Et Dieu dit : « Faisons l'homme à notre image et ressemblance ». Genèse 1,26. Seul l'homme possède cette image de Dieu. L'animal n'est pas appelé à partager le bonheur éternel. La ressemblance de l'homme avec son Créateur tient en son intelligence, sa volonté, son amour et sa conscience. L'instinct animal se contente de répéter indéfiniment et adroitement les mêmes gestes. Seul l'homme est capable de comprendre réellement ce qu'il accomplit. La faculté la plus haute qui nous relie au Seigneur, ne serait-ce pas justement celle de pouvoir prier? Par elle je me tiens devant lui comme un ami et lui parle face à face comme Moïse au buisson en feu. Entrer librement dans ce tête à tête, c'est goûter d'une présence inaltérable.
Prier, c'est encore écouter. Recevoir le message de Dieu comme une Parole de vie, une Bonne Nouvelle, ici et maintenant.
Prier, c'est enfin analyser les signes du temps et les événements de la vie : la lumière de cette Parole qui a pris racines en nous.
Cependant, nous avons perdu une partie de ce patrimoine valeureux du sens de la prière et du silence sacré. Nos routes sont bruyantes, nos ateliers et nos bureaux sont remplis du bruit des machines, même nos maisons regorgent de radios et de télévisions. Nous devenons une foule indisciplinée qui a peur du silence bienfaisant. Pourquoi cela ? Parce que les médias ont déformé nos oreilles. Les gens qui écoutent n'ont plus envie d'avoir un individu devant eux. Ils sont habitués à l'écran, sans présence physique.
Aussi avons-nous besoin plus que jamais de nous refaire une santé en sachant accueillir le silence et la prière. Or, pour acquérir une réserve de silence en nous il faut croire à la valeur créative de l'intelligence humaine, de la parole communicative.
Apprenons aux enfants dans notre monde agité, la valeur éducative du silence activement créé, voulu, maîtrisé. Nos assemblées liturgiques doivent être des réservoirs de prière et de silence, de paroles et de chants, de supplications et d'action de grâce.
Quelle plus belle fonction que celle de se recréer et de recréer le monde ! « Et Dieu vit que cela était bon ». Genèse 1,31.
Abbé François BURGER
Horizon neuf n°123, novembre - décembre 1983