Enterrement du curé FALLER en 1936

Les pompes funèbres étaient totalement inconnues en campagne avant la guerre et même très longtemps après. Les morts étaient enterrés suivant des traditions ancestrales. L'annonce d'un décès ou des funérailles se faisait à son de cloche, sonnerie du glas.

Photo de 1907 (Fond BLUMER, archives de Strasbourg)

Aucun affichage, aucun faire-part dans les journaux, la communication des événements du village se pratiquait de bouche à oreille, d'une façon automatique et étonnamment rapide. Pour avertir la famille habitant en dehors du village on transmettait un télégramme. A part la poste, il y avait peut-être 2-3 téléphones au village. Les membres de la famille, les voisins, les amis et connaissances se proposèrent spontanément pour la toilette mortuaire ; les morts portaient toujours les plus beaux habits, les plus belles robes et si possible la parure de mariage. Ainsi paré, le défunt était couché dans un lit dans la chambre mortuaire permettant à la famille, voisins, connaissances et à toute la population du village de lui rendre un dernier hommage. Au pied du lit, sur une petite table, deux cierges brûlaient de chaque coté d'un crucifix et d'un bénitier pour l'aspersion de la dépouille mortelle. Avant sa mise en bière et pratiquement jusqu'à l'enterrement, le mort était veillé jour et nuit, sans relâche. Les voisins, les amis se proposaient spontanément de veiller ou de porter le cercueil. Bel exemple d'entraide et de solidarité.

L'ancien corbillard dans le grenier de la mairie

Ce n'est que très longtemps après la guerre que la commune fit l'acquisition d'un petit chariot permettant de transporter le cercueil plus aisément [en savoir plus : Dondekarrelebramser]. Avant, les morts étaient toujours portés à terre à bras d'hommes. Depuis les temps modernes et l'apparition des pompes funèbres, une autre tradition ancestrale est tombée en désuétude et notamment la veillée de prière à la maison mortuaire. Chaque soir avant le jour de l'enterrement, la famille, les voisins, les femmes et enfants se rassemblaient à la maison mortuaire pour prier trois rosaires pour le repos de l'âme du défunt. A la sortie et après avoir aspergé la dépouille mortelle, les enfants étaient gratifiés d'une pièce allant jusqu'à un franc. Formidable n'est-ce pas ? Etre payé pour prier. Nous, les enfants souhaitions une mortalité plus fréquente surtout de familles riches. La chose un peu ennuyeuse était de rester tranquille pendant la prière des trois rosaires, plus la litanie des morts. Mais on a rien sans rien !

Chapelle Ste Marguerite et « Garnert » dans les années 30 (Fond BLUMER, archives de Strasbourg)

Une particularité, une autre ancienne tradition dont j'ignore les racines, se passait à la messe d'enterrement. En effet, la famille ainsi que tous les participants à la messe passaient à deux reprises autour du grand autel pour déposer une offrande au passage. Si ma mémoire ne fait pas défaut, les deux passages s'articulaient de la façon suivante :

  • Premier passage au moment de l'offertoire
  • Deuxième passage après l'élévation

Ces deux passages avaient encore l'avantage de permettre à la famille défunte de reconnaître les participants à la cérémonie et ainsi évaluer la fréquentation et qui était venu à la célébration. Il n'existait pas de registre de condoléances à l'entrée de l'église. J'ai tenu à rapporter ces anciennes traditions de peur qu'elles ne se perdent dans la nuit des temps.

Sources :

  • Mémoires d'André VOEGEL
  • Fond Antoine MULLER
  • Fond BLUMER, archives de Strasbourg

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