Dans les deux premiers volets de cette série sur la vie de François Xavier MULLER, le soldat alsacien est incorporé dans l'armée allemande et envoyé au front russe pendant la première guerre mondiale. Aux dernières nouvelles il a été fait prisonnier par l'armée russe et renvoyé sous l'autorité de l'armée française. Xavier est transféré au Château-Fort de Lourdes avec d'autres alsaciens-lorrains qui ont combattu dans l'armée allemande.

Photographie de groupe envoyée par Xavier 

Le Château-Fort de Lourdes

Le château-fort, devenu prison d'Etat après la révolution a été choisi par l'armée française pour abriter pendant et après la Première Guerre, les soldats Alsaciens et Lorrains prisonniers qui ont servi dans l'armée allemande. Ils sont employés dans les fermes alentours pour remplacer la main d'oeuvre vacantes des hommes partis à la guerre.

Ce fut aussi le cas de Xavier MULLER qui fut envoyé travailler dans la famille BOURDALLE à Escaunets

Prisonniers alsaciens (source)

La gentillesse et le zèle de Xavier a permis de lier d'étroits liens entre cette famille de fermiers et la famille MULLER. Une correspondance avec Anne-Marie, la mère de Xavier et la famille BOURDALLE est établie. Lourdes, le 14 février 1917, Xavier écrit : « Chère mère et frère, je vous écris pour vous dire que je vais bien et espère que c'est aussi votre cas. Je suis maintenant à Lourdes et m'y plait bien. J'y ai rencontré HALMENSCHLAGER. Saluer sa famille, à de proches retrouvailles. Xavier ».

Sur cette carte postale du 15 juillet 1917, Xavier écrit : « Cher frère, c'est avec joie que j'ai reçu ta lettre. Je pense que tu as beaucoup de travail car la récolte bat son plein tout comme ici. Le foin doit être rentré et comme tu m'as écris, les pommes de terre sont médiocres mais je me réjouis pour le bon cheval que vous avez acquis. Envoyez moi une photo de vous ».

Lourdes, le 20 juin 1918, nouvelle correspondance : « J'ai reçu avec une grande joie votre lettre mais pas encore la dernière. Par contre j'ai bien réceptionné votre paquet. Il semble que les paquets vont plus vite que les lettres. Je pense que chez vous la récolte du foin bat son plein ».

La fin de la guerre est promulguée. Les autorités militaires autorisent les prisonniers alsaciens-lorrains à rentrer dans leurs foyers. Xavier écrit une dernière lettre de la ferme BOURDALLE d'Escaunets dans laquelle il annonce en français son retour pour le 20 janvier 1919. Ce sera sa dernière. Il contractera la grippe espagnole dans le convoi qui le ramène en Alsace. Interné à l'hôpital militaire de Strasbourg, il décèdera deux jours plus tard, le 22 janvier sans avoir pu revoir, une dernière fois, ni les siens, ni son village. 

Xavier laisse une mère, déjà écrasée par la disparition de quatre de ses six enfants et son mari. Il ne lui reste plus que le jeune Aloïse, 18 ans. Son fils chéri, qu'elle a attendu inlassablement tout en s'inquiétant sans cesse pendant trois ans, cette aide qu'elle espérait tant dans l'exploitation familiale, a disparu ... à seulement quelques kilomètres de son domicile. Destin cruel et injuste ! Elle s'accrochera au souvenir de son fils en nouant un fort lien d'amitié avec la famille BOURDALLE où a travaillé Xavier dans les Pyrénées. Elle continuera pendant des années à leur envoyer des cadeaux et des paquets dont la plupart n'arriveront pas à destination, détournés par on ne sait qui. Xavier BOURDALLE proposera d'accueillir Anne-Marie pour qu'elle puisse récupérer certaines affaires de Xavier laissées sur place, puis ce sera le silence. Anne-Marie écrira au curé d'Escaunets pour avoir des nouvelles.

Les condoléances 

La famille Bourdallé transmis ses condoléances. Jacques Bourdallé écrit à la mère de Xavier : « [ ] Cette perte, assurément, vous plonge dans l'affliction la plus profonde, car vous avez perdu un fils qui avait de vraies qualités qui vous permettaient d'espérer qu'il serait pour vous un vrai bâton de vieillesse et votre consolation. [ ] nous l'aimions aussi ardemment que s'il eût appartenu à notre famille.  

Carte postale envoyée par la famille BOURDALLE

C'est ainsi que se fini la brève vie de François Xavier MULLER . L'acte de décès ne sera officialisé qu'en 1934 par le tribunal de Saverne. Son nom termine la longue liste des victimes de la Première guerre gravée sur le monument aux morts de Valff.

A François Xavier

Source : archives familiales de la famille Antoine MULLER 

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