« Marthe Louise FREYDER était la maîtresse de M. VATRY, ouvrier mécanicien. Mais tandis que le brave garçon était d'un tempérament doux et d'un caractère égal, son amie était jalouse et irascible ... ». C'est ainsi que débute l'article du journal de l'Humanité du samedi 13 mai 1911 relatant un procès se déroulant à la Cour d'Assise de la Seine.

L'article poursuit : « Des scènes fréquentes éclataient pour rien, et l'ouvrier le 26 novembre dernier, à la suite d'une scène plus violente encore et plus injustifiée que de coutume, décida de rompre avec cette Hermione insupportable. Mais la femme tient autant plus à l'ami que ce dernier cherche à rompre avec elle des liens qui l'enchaînent et Mlle Marthe FREYDER jura à VATRY qu'il reprendrait la vie commune ... ou elle le tuerait ! » et elle fit ce qu'elle avait promise. « Vers 13h00 après avoir déjeuné, alors que l'ouvrier mécanicien revenait à son atelier, elle l'aborda et le somma de revenir avec elle. Refus de Vatry et après l'avoir un peu bousculée, il entre dans le local de son patron. Tout à coup, déjouant les précautions prisent, elle bondit dans l'atelier et, armée d'un revolver, tire deux coups de feu dans la direction du jeune homme qui, atteint à la tête, tombe à la renverse. La balle avait atteint le cerveau et malgré tous les soins la victime succombera ».

Le journal Le Petit Parisien précise que Marthe, 23 ans,  travaillait au magasin « Les Quatre Saisons ». Les deux tourtereaux étaient amants et VATRY vivait chez elle. Après avoir consumé leur idylle jusqu'au bout de la mèche et que le lumignon de la passion s'était éteint pour lui, elle se rendit sur son lieu de travail dans la rue des Cendriers ( ça ne s'invente pas !) et dans le feu de l'action  fit feu ... et Vatry s'éteint ! ( désolé ! elle était facile celle là !). Bon ! Reprenons !

L'enquête dévoilera que VATRY en venait de temps en temps aux mains. C'était normal, VATRY était un manuel ! Marthe déclara n'avoir jamais eu l'intention de tuer son ami mais seulement de l'effrayer ce fameux 26 novembre 1910. Pourtant des témoins affirment qu'après avoir tiré elle aurait déclaré : « Il n'a que ce qu'il mérite ! ». VATRY mourut un mois après. D'après le journal La Lanterne, ce serait des suites d'un abcès au cerveau . Pour toute explication Marthe déclara au tribunal : « J'ai agi dans un moment d'exaltation provoqué par le désespoir de me voir abandonnée par mon amant ». Le médecin psychiatre ROBINOWITCH déclara Marthe un petit peu irresponsable mais pas mal dérangée. Ah ces psychiatres ! En plus elle serait fille de parents également aliénés. Verdict : 5 ans de prison !

La rue des Cendriers de Paris en 1900

Folle ? Pensez-vous, rien q'un chouilla ! Huit ans auparavant on pouvait déjà lire dans le journal « Le XIXe Siècle » du 5 août 1902 à la rubrique faits-divers l'article ci-bas. Un monde de dingos. Quand Paris était le Far West ... déjà !

Malgré des recherches poussées, il n'a été possible pour le moment de relier avec certitude les ancêtres de Marthe FREYDER avec Valff. Quoi que. Les ramifications de ce patronyme tendent toutes vers notre région. Rappelons que ce nom figurait déjà dans une liste de Valffois réfugiés à Obernai en 1592. Mais cela n'a pas d'importance, l'histoire était trop belle pour ne pas vous la relater. Le titre du journal La Lanterne résume bien cette histoire passionnelle avec son gros titre : « Meurtrière par amour ». Messieurs vous voilà avertis !

Marthe n'a jamais rien fait comme tout le monde. Elle tombe enceinte à ... 14 ans. Sa fille Germaine ne survivra pas. Deuxième grossesse en 1906. L'enfant ne survivra pas. Elle mettra au monde en 1907 une autre fille prénommée Georgette qui sera reconnue hors mariage par un imprimeur du nom de Marcel BOURJINT. Cette dernière se retire dans le Puy de Dôme. C'est donc fille-mère que Marthe s'accroche à l'amour de VATRY. Elle retrouvera un homme à aimer en 1917, un certain Honoré François HATTE qui l'épousera et à qui elle donnera un fils. Encore un échec amoureux, quitte et divorce, décidément. Remariage quatre ans plus tard avec Charles Théodore LOTTE. La passion, toujours la passion ! Une femme à hommes cette Marthe. Elle décède à Issy-les-Moulineaux en 1968. La femme assoiffée d'amour trouvera enfin le repos.

Pour ce qui est du gang des Apaches qui sévissait à Paris dans les années 1900, il n'y a pas que Marthe qui y était impliquée. Il est fait mention aussi d'un autre FREYDER. L'enquête continue pour trouver un lien avec Valff, l'obstination récompense ! Vous serez surpris de ce que vous allez découvrir, mais patience vous apprendrez tout dans le prochain article.

Sources :

  • Gallica
  • Remerciements à Mike FREYDER et Evelyne WEISER pour leur aide généalogique

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