Sur le monument aux morts de Valff dédié aux victimes des guerres du XXe siècle sont gravés les noms. Des hommes oubliés qui sont tombés sur ce que l'on appelle « le champ d'honneur ». Afin de saluer leur mémoire nous allons publier une série d'articles dédiés aux soldats incorporés de force, les « Malgré-nous » de Valff décédés.

Le premier soldat dont nous évoquerons le parcours est Pierre ROSFELDER, fils de Florent et de Marguerite LUTZ. Dans les registres de décès de la commune, nous apprenons qu'il est tombé dans la région de Hohenelbe en Tchécoslovaquie. Que savons nous sur lui ? En 1961 un jugement du tribunal de Saverne acte officiellement son décès. Ayant combattu dans l'armée allemande sous le régime d'incorporé de force, il est déclaré « mort pour la France ». La mention est inscrite dans le registre de décès par le maire HALMENSCHLAGER.

Alors ministre des anciens combattants, François MITTERAND accepte sous la demande du Président R. BAILLARD de l'association des Déserteurs, Evadés et Incorporés de force ADEIF en 1948 de préfacer un recueil de photographie de tous les « non rentrés » ou disparus du Bas-Rhin.

C'est dans ce registre que nous avons trouvé la photo du militaire Pierre ROSFELDER publiée en entête. Quelques informations sont mentionnées, comme la date et lieu de naissance à Lunéville le 6 janvier 1920. Son dernier lieu de résidence : Valff, sa dernière adresse postale militaire et le dernier lieu où le disparu a été vu vivant ou a donné des nouvelles : 20733 Vitricia. Nous pouvons grâce à ces informations recréer sa brève vie.

Il vivait au n°231 de la rue Meyer. Son père Florent se marie en 1880 avec Marie Anne LUTZ qui porte le même nom et prénom que sa mère. Ses frères et soeurs ont pour nom : Eugène qui décède à 27 ans, Joseph, Florent Armand décédé à 3 ans, Joséphine décédée en 1967, Maria et le dernier Joseph Florent qui n'achèvera pas sa première année de vie. 

Maison n°231 : à gauche, angle Rue Meyer et rue Principale et Kirneck (Fond BLUMER, archives de Strasbourg, 1906)

C'est donc dans un contexte difficile que Pierre fête la conscription avec ses camarades en 1940. Il n'a plus que 5 ans à vivre.

Incorporé peu après, il est transféré au front russe. Son dernier signe de vie est relaté à Witricia en Tchéquie appelée Hohenelbe  en Allemand. C'est là qu'il disparaît pour toujours. Il repose peut-être quelque part près du fleuve Elbe à une centaine de kilomètre de Prague. Hohenelbe fut le site d'un camp d'internement et de travail affilié au camp de concentration de Gross Rosen connu pour le film : La liste de Schindler. Le camp de Hohenelbe servait d'internement à la main d'oeuvre d'une usine d'aviation. Aucun document ne permet d'affirmer que Pierre ROSFELDER était affecté à ce camp. Les camps furent libérés par l'armée russe en février 1945.

Un document conservé aux archives « Mémoires des hommes » mentionne la date de décès au 8 mai 1845, date de l'armistice. Mais vu le peu de transparence des autorités russes, cette date doit avoir été probablement rapportée par un survivant allemand ou alsacien après sa libération. La date de décès du 7 août 1944 a été barrée. Dans la rubrique « genre de mort », il est écrit en annotation rouge : jugement de mort. Il n'y a pas plus de détails. Sur la photo, Pierre en uniforme allemand porte une casquette de l'unité des troupes de combat M43 Heer. D'après le Volksbund, il serait signalé dans le registre du cimetière de Neumark / Stare Czarnowo en Pologne mais sans confirmation. Pierre ROSFELDER disparaît à jamais dans la brume du temps.

Sources :

  • Archives de la mairie
  • Mémoire des hommes
  • Fond Antoine MULLER
  • Recueil photographique ADEIF

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