Un fils d'ouvrier paysan peut-il être promis à la gloire ? Est-ce possible ? L'histoire de Jean-Michel MARTZ en est un bel exemple. Qui aurait pu se douter que le petit enfant emmitouflé dans une tonne de langes côtoiera un jour le futur Empereur des français Napoléon BONAPARTE ?

Fils de Jean-Michel et Elisabeth ROSFELDER, Jean-Michel MARTZ voit le jour le 7 septembre 1770. L'union des parents avait été exceptionnellement consentie par les autorités ecclésiastiques et l'évêque Charles Louis CONSTANTIN alors Cardinal puis Prince de ROHAN-GUEMENE (1697-1779) pour cause de consanguinité au 4e degré. Rien que cela ! Mais pas de panique, il s'agissait seulement d'un mariage entre arrières petits cousins.

En 1767, leur premier enfant ne vivra que 10 minutes. L'année suivante naîtra la petite Anna Maria, puis ce sera au tour de Jean-Michel en 1770, de Maria Anna en 1773 et de Blaise en 1776. La petite famille vit au n°27 de la rue Haute. Jean-Michel père y décédera en 1813. Catherine ROSFELDER expirera dans la maison répertoriée au n°22 en 1818. Que s'est-t-il passé ? Dans le recensement de 1836 la maisons n°27 n'existe plus. Blaise, garde champêtre, frère de Jean Michel, s'est installé à côté au n°28. C'est Jean-Michel, 44 ans et jeune retraité de l'armée qui aura la lourde tâche de signer comme témoin le décès au bureau de la mairie.

La carrière militaire

Jean-Michel, à la veille de la Révolution, âgé de 18 ans, s'était engagé auparavant le 23 mars 1788 au 5e Régiment à pied de Strasbourg. Ce sera pour lui le début d'une brillante carrière militaire qui le fera sillonner durant les jours troublés à venir sur la majorité des champs de bataille d'Europe. Jean-Michel connaîtra une succession de dirigeants. Débutant sa carrière sous l'autorité royale de Louis XVI, il passera sous couvert révolutionnaire après que sa royale tête aura goutté à la guillotine. Engagé dans l'armée Rhin et Moselle, Jean-Michel combattra à la bataille de Kaiserslautern en novembre 1793 lors de la guerre dite de la Première coalition. Les troupes révolutionnaires françaises y laisseront 3000 morts et blessés. La victoire sera prussienne. La seconde bataille de Wissembourg en 1793 verra s'affronter une nouvelle fois les troupes françaises à la coalition Prussienne, Autrichienne et les soldats contre-révolutionnaires français appelés les émigrés de Condé.

Le 27 décembre 1793 les troupes prussiennes tiennent les hauteurs de Wissembourg. Le 29, l'artillerie de Jean-Michel pilonne les alliés avec leurs 7 canons et arrivent avec l'aide des fantassins à repousser les Prussiens derrière la rivière Lauter. Le 30, DESAIX parachève la victoire en prenant Lauterbourg. Les alliés surpris y abandonneront vivres et munitions. La victoire des troupes révolutionnaires libère toute l'Alsace. Elle brouillera les Prussiens et les Autrichiens qui se rejetteront la responsabilité de la défaite. Le nom de cette victoire est gravé sur le pilier nord de l'Arc de Triomphe à Paris.

Jean-Michel aura combattu dans l'armée du Rhin-Moselle sous le commandement des généraux CUSTINE - LANDREMONT - PATRAGORN - JOURDAN - HOCHE ET AUGEREAU.

La campagne d'Italie

On le retrouve quelques années plus-tard en Italie. Le 30 mai 1796, l'armée d'Italie du général Bonaparte assiège la ville de Mantoue dans laquelle se sont réfugiés 5000 Autrichiens. Le siège débutera à partir du mois d'août 1796, la ville ne capitulera que le 2 février 1797. C'est en 1797 que Jean-Michel est muté dans la région. Il servira sous les commandements des généraux CHERER - MOREAU - JUBERT - CHAMPIONNET - MASSÉNA ET BRUN.

1799. Nous sommes dans la période appelé Le Directoire. Le général Napoléon BONAPARTE venait de conquérir le nord de l'Italie à l'Autriche et était engagé et bloqué en Egypte. Une coalition composée par les Autrichiens, les Russes et les Turcs profitent de son absence et lancent une contre-attaque sur la région.

Le 15 avril 1799, Jean-Michel est nommé brigadier dans la 17e compagnie d'artillerie à cheval de la Garde. L'unité venait d'être créé par Napoléon en 1797. Elle est composée de 30 canonniers servant 6 pièces à feu et 2 obusiers. Le 27 avril débute la bataille de Cassano. L'armée française commandée par Moreau est coupée en trois morceaux par les coalisés. Les français se replient et sont contraints de céder le Nord de l'Italie. Ils laisseront derrière eux 2000 morts et 3000 prisonniers. La bataille de Cassano (1799) est perdue. Jean-Michel se trouvant dans la région du Frioul près de Venise entame le replis avec les troupes de MOREAU, MASSENA et SOULT vers Gênes au Nord-Ouest de l'Italie. Le siège de la ville de Gênes par les Autrichiens s'achèvera le 5 juin 1800. 8000 soldats français rejoindront la France à pied par la côte avec armes et bagages tandis que les officiers  vogueront en VIP par la mer.

Un nouvel ère pointe le jour. Napoléon a le vent en poupe et les ambitions qui vont avec. Le 9 novembre 1799, il renversera le gouvernement du Directoire par le coup d'Etat du 18 Brumaire. C'est la fin de la période révolutionnaire et le début de l'époque dite du Consulat. Jean-Michel aura contribué à son modeste niveau... à la gloire de la France... et de son Empereur.

Sources :

  • Wikipédia
  • Horizon neuf n°56 (E. BRANDNER)
  • De Valva à Valff (André VOEGEL)
  • Adeloch
  • Ellenbach, archives du Bas-Rhin

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