A Strasbourg près du quai des Bateliers se situe la ruelle des ramoneurs. Son ancien nom allemand était la « Hellefeyergässel » (ruelle des balayeurs de l'enfer). Un métier historique et essentiel ...

C'est au XIIe siècle que l'on commença à construire des foyer dans les habitations. Pour éviter les feux de cheminée il fallait enlever la suie et le bistre. Le métier de ramoneur était né. Le nom ramoneur vient des rameaux fagotés en balai qu'ils utilisaient pour le nettoyage.  Le métier vit le jour en Italie et s'étendit à toute l'Europe. A l'époque on utilisait déjà le « Kratzeisen » vulgairement appelé der Kratzer (sorte de crochet en fer recourbé) pour gratter les parois intérieures des cheminées. Comme les maîtres ramoneurs étaient souvent trop gros ou trop grands ils embauchaient des enfants issus de familles nombreuses et pauvres. Ils attachaient les pauvres bougres avec une corde et les faisaient descendre dans le conduit par le haut du toit. Les garçons âgés entre 5 et 8 ans pouvaient ainsi gratter la suie en se laissant glisser vers le bas. Les enfants ayant trop grandi ou devenus inutiles étaient renvoyés dans leur foyers ... triste consolation pour ceux qui n'étaient pas morts asphyxiés, brûlés, gelés, malades intoxiqués ou tombés d'un toit. En France le gros des effectifs des ramoneurs était originaire de Savoie. Ils sillonnaient le pays et surtout les grandes villes. L'opinion public finit par être choquée ... et on inventa la brosse à manche. 

Carte postale illustrant tout le bonheur de ce jeune misérable avec dans sa main le racloir de ramoneur

Un émouvant poème illustre toute l'infortune de ces petits ramoneurs savoyards : « Quand ma mère mourut j'étais très jeune. Et mon père me vendit. C'est pourquoi je ramone vos cheminées et je dors dans la suie ».

En Alsace on appelait les ramoneurs des « Schornsteinfeger », « Kaminfeger », « Schlotfeger » ou plus rarement « Rauchfangkehrer ». En Allemagne en 1869 le métier s'organisa en corporation. Deux ans plus-tard, l'Alsace devint territoire allemand. La corporation délimitait les territoires pour chaque « Meister ». Ce monopole pris fin en 2013.

Arrêté municipal de Valff concernant la réglementation du ramonage des conduits (1891)

Article 1 : Tout propriétaire est tenu à faire ramoner ses conduits au minimum 2 fois l'an. Les auberges, forges et autres lieux semblables jusqu'à 4 fois. 

Article 2 : Le prix est fixé à 12 Pfennigs par étage d'immeuble.

Article 3 : Le refus de faire ramoner peut entraîner une amende jusqu'à  60 Marks et une peine d'emprisonnement de 14 jours. 

Pourquoi les ramoneurs sont-ils considérés comme porte-bonheur ?

La légende veut qu'en 1066, un ramoneur sauva la vie de Guillaume, roi de Grande Bretagne. Pour le remercier ce dernier l'autorisa a participer au mariage de sa fille. Les ramoneurs se virent aussi autorisés à porter le chapeau haut de forme réservé à la royauté et à la noblesse. Les vestes de ramoneurs avec leurs 13 boutons suscita également un relent de superstition. Au Nouvel An, les ramoneurs qui transportaient des cochons pour la fête se laissaient payer une petite somme d'argent pour arracher un poil de la bête (le cochon) et  faire un voeu. C'est pour cette raison que l'on voit parfois sur les cartes de fin d'année des images de ramoneurs.

Une autre légende raconte qu'un ramoneur qui avait glissé d'un toit, trouva miraculeusement son salut à une gouttière à laquelle il s'accrocha par les pieds. Tête en bas, il fut tout heureux d'être sauvé par une jeune fille qui le recueilli par la fenêtre de sa chambre. Elle était destinée à un autre jeune homme, mais tombant follement amoureuse de son beau ramoneur elle l'épousa dans la foulée. C'est pour cette raison il est de bonne augure, dit-on, d'avoir un ramoneur à son mariage !

Cherche ramoneurs désespérément

Les ramoneurs sont de moins en moins nombreux en Alsace car les jeunes ne se destinent plus à ce métier. La demande est pourtant très forte.

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