Récit des souvenirs d'enfance d'Antoine Muller. Aujourd'hui la rentrée à l'école primaire avec ses codes, ses obligations et ... sa simplicité !

La rentrée

En 1936 j'avais six ans. C'était ma première rentrée scolaire. J'étais très fier de porter sur mon dos le nouveau sac d'école en cuir brun fabriqué par le sellier local Joseph BURGSTAHLER. Un cheval en relief ornait le rabat de mon sac d'école d'où pendait l'éponge humide. Je portais un tablier et des protège-coudes noirs sans oublier les sabots. Mon premier instituteur était Charles GRUBER. L'entrée en classe était très disciplinée. Il fallait se ranger deux par deux, puis c'était le contrôle des mains propres. Pour ceux qui avaient les mains sales, ordre de les laver à la fontaine dans la cour de l'école. Les sabots étaient entreposés sur des étagères dans le hall d'entrée.

De 1936 à 1940, je fréquentais la classe des petits de l'école des garçons et la langue enseignée était le français. M. GRUBER habitait le petit logement du bâtiment de l'école des filles. Dès 1938, quelques signes avant-coureurs d'une guerre inquiétaient de plus en plus la population. On craignait même les bombes à gaz du côté allemand alors que l'Allemagne était déjà en guerre avec d'autres pays. Par circulaire du 15 février 1939, la préfecture recommandait l'achat de masques à gaz. Par le biais de la commune toute la population avait été équipée de cette protection. Même les écoliers avaient droit à cet équipement. Pour aller à l'école, nous portions notre étui vert contenant le masque à gaz. De temps en temps, nous étions soumis à des exercices et à des contrôles. Un local d'essai était aménagé dans l'ancien atelier de menuiserie de Xavier KOECHLER au n°69. Les enfants des écoles, portant le masque à gaz, étaient enfermés par petit groupe dans ce local pour subir des tests. Un gaz d'une faible puissance, injecté dans ce local, devait confirmer la bonne adaptation du masque et son étanchéité.

L'ardoise

Ah, oui ! Cette ardoise, symbole rude de nos labeurs d'écoliers. C'est elle qui glissait du sac d'école sous la table dès 8 heures, puis ce fut la sarabande pendant 6 heures de classes. Tantôt sur le côté ligne pour l'écriture, tantôt sur le côté carrelé pour le calcul et les opérations. Une double ficelle passée par le trou du cadre de bois retenait à ses bouts deux solides carrés d'étoffes cousus par ma mère. Un carré d'étoffe, humecté chaque matin servait à laver et à essuyer les exercices, l'autre toujours sec, séchait l'ardoise. Ces deux petits chiffons passaient et repassaient sur l'ardoise, mais le soir, ils avaient droit de se balancer hors du sac d'école pour être témoins de nos jeux et de nos rires sur le chemin de l'école. Cette ardoise nous accompagnait partout et le soir nous y couchions nos devoirs, d'une écriture soignée avec un crayon d'ardoise qu'on sortait délicatement d'un plumier en bois. Ma maman n'aimait pas le crissement parfois strident du crayon sur l'ardoise. Il fallait aussi chaque jour tailler la pointe des crayons d'ardoises. Cela se faisait soit sur la pierre de l'évier ou sur la marche en grès de l'entrée de la maison.

Aussi, à la belle saison, je faisais mes devoirs dehors, assis sur un escalier ou sur un banc, mon ardoise gaiement sur mes genoux. Que je n'oublie pas : cette ardoise devenait l'objet d'une grande attention. Je brossais tous les jeudis le cadre avec du savon de Marseille pour enlever toute souillure et crasse. Aussi tous les vendredis matins, les ardoises étaient contrôlées par le maître d'école qui sanctionnait les cadres sales. Notre salle de classe était équipée d'un pupitre, estrade, bancs, tableau noir, porte-carte, boulier, armoire de rangement. La chaîne d'arpenteur est présente dans chaque école et permet de mesurer la longueur et la largeur de la cour et de dénouer les mystères des conversions de décamètres en mètres.

C'était le début de l'année scolaire ...

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