- Écrit par : Rémy VOEGEL
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Comme nous avons pu le découvrir dans l'histoire de Florent WUCHER, fragments d'une vie, épisode 4, les propriétaires d'animaux ont de tous temps essayé de soigner au mieux leurs animaux avec des remèdes « maison ».

Soigner ne veut pas toujours dire savoir bien soigner. Les témoignages relatés dans le livre « Journal des vétérinaires » de 1850 laissent pour le moins perplexes.
Sujet : Interdiction de l'exercice illégal de la médecine vétérinaire, par M. RAUCH, vétérinaire au 4ᵉ d'artillerie. Extraits : « Certains énergumènes illettrés mettent une enseigne quelconque sur leur porte, soit de maréchal-expert, de guérisseur, de vétérinaire même, pour attirer la confiance et l'attention des populations. Ils parcourent la campagne, employant toutes sortes d'artifices pour s'insinuer dans les familles et obtenir de traiter les animaux malades. Ils les manipulent sans connaître, à l'aide de drogues, d'agents pharmaceutiques, chimiques, toxiques, copiés au hasard dans les bouquins. Ils les font ingurgiter sans en soupçonner les fonctions, ne doutant de rien et entreprenant les pratiques les plus périlleuses dont les suites sont presque toujours funestes pour les propriétaires. Je me permets de citer ces faits dont nous sommes devenus témoins oculaires ».

En 1839 à Ottrott près d'Obernai, un individu qui exploitait la localité en qualité d'« habile guérisseur » a fait avaler quatre décilitres de mercure à un pauvre cheval atteint d'indigestion pour « couper », disait-il, « cette colique ».

Quelques semaines plus tard à Valff, un autre, se donnant également comme guérisseur, appelé pour un cheval avec un clou de rue pénétrant dans le sabot, s'est imaginé en obtenir la guérison en liant très serré le pâturon avec une corde neuve. Le lendemain la conséquence fut la mortification de toutes les parties situées en dessous de cette ligature avec comme résultat le décollement du sabot et la mort du cheval dans d'atroces souffrances…

Inscriptions « Veaux, truies etc. » 1963 au crayon sur le mur de la grange nᵒ 191 rue Principale
En 1840 à Bernardswiller, le prétendu maréchal-ferrant, expert du lieu, a bourré une vache météorisée avec du sable et de la terre glaise mélangés en ciment. Imaginez-vous cette malheureuse bête garrottée, le mufle en l'air et l'homme barbare lui fourrant l'affreux remède dans la bouche à l'aide d'un bâillon en bois !

Dans un manuel vétérinaire de 1862, le praticien vétérinaire Monsieur NIEDERBERGER d'Obernai relate son expérience de l'usage de l'arsenic blanc comme agent thérapeutique.
Il écrit : « Traitement sur une pouliche croisée, demi-sang, âgée de 15 mois appartenant à M. HEIM, cultivateur à VALFF. Cette pouliche fut longtemps médicamentée par un vieil empirique (personne qui procède par tâtonnements sans rigueur scientifique). Elle me fut présentée le 26 mars 1859 dans un état anémique très prononcé :
- Symptômes : maigreur extrême, ventre volumineux, poils longs et secs et ceux de la crinière s'arrachent facilement. Appétit presque nul ; pouls vite petit et faible; battements du cœur violents et tumultueux perceptibles même du côté droit; muqueuses pâles ; diarrhées aqueuses alternant avec une constipation de plusieurs jours. L'animal est couvert de poux ; il tousse de temps en temps et sa toux est sèche. Dès qu'il mange un peu plus qu'ordinaire, il est pris de coliques. Ses déjections alvines contiennent des vers lombricoïdes.
- Traitement : Je fis prendre à la jeune malade, chaque jour et pendant 3 jours, 15 grammes d'essence de térébenthine émulsionnée avec deux jaunes d'œufs. Sous l'influence de ce vermifuge, une grande quantité de vers fut expulsée, mais l'appétit ne revint pas et l'état de l'animal resta stationnaire. À partir du 15 avril, on donna chaque jour 1 gramme d'arsenic. Le sixième jour de ce traitement, le propriétaire vint m'annoncer que sa pouliche avait expulsé un ténia de 2 mètres de long. On continua l'usage de l'arsenic pendant vingt jours consécutifs, et, au bout de ce temps, tout se trouva changé en bien : l'appétit devint excellent, l'embonpoint fit chaque jour des progrès, les parasites disparurent ; tout rentra dans les limites normales. Un an après, la pouliche était méconnaissable !
Sur ce, bon appétit à tous ! Serait-ce suite à ces expériences qu'est née l'expression : "A Rosskuer" (un remède de cheval ?)

Demande d'Antoine DROESCH de Valff, sollicitant l'obtention d'un cheval d'artillerie réformé par l'armée (1868).
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