Hochfelden, 6 juin 1901. L'histoire depuis Hochfelden ressemble à un véritable roman, dont voici une photo du couple Thérèse BOCK de Hochfelden et Carlo PIANCIANI. (d'après un article du journal Elsässer Kurier) 

Dans les années soixante, la fille du maître-maçon BOCK, une jeune fille gracieuse et charmante, était au service à Paris chez le jeune comte Carlo PIANCIANI, membre de la plus haute noblesse romaine. Le galant s'éprit de la jolie jeune fille. Le jeune comte dut sans doute bientôt regretter son « faux pas », car malgré l'immense différence sociale entre lui et sa bien-aimée, sa famille – suivant une ancienne loi domestique – insista pour que le comte épouse la fille enceinte du modeste maçon. Il ramena sa jeune épouse dans son foyer, dans la « Sunny Italie », où elle donna naissance à Matilde et lui donna encore deux autres enfants. Une des filles de Thérèse Bock (Teresa Pianciani) s'appelait Antonia et est née à Rome en 1891. Elle est décédée le 4 octobre 1891.  Aucune mention du nom du père dans l'acte.

Toutes les tentatives pour élever la nouvelle comtesse au niveau d'éducation de son mari échouèrent. On lui assigna un château où elle pouvait disposer de tout à sa guise. Cependant, là non plus, les choses ne se passèrent pas comme souhaité, si bien que l'on se résolut à renvoyer la malheureuse dans son lieu de naissance, Hochfelden, et rompre tout lien avec sa fille. Un divorce fut également prononcé. https://www.villapianciani.it/ 

https://en.wikipedia.org/wiki/Villa_Pianciani

 

Au début des années soixante-dix, elle revint donc à Hochfelden après avoir perdu ses deux derniers enfants tout en gardant au fond de son esprit le souvenir de sa fille aînée, Matilde.

On lui attribua une rente viagère de 25 lires par jour (120 euros actuels), à la condition qu'elle ne cherche plus jamais à revoir sa fille. Elle vécut à Hochfelden environ 15 ans, quand soudain, une nostalgie indescriptible pour sa fille la saisit. Elle se rendit à Rome et réussit à s'introduire dans le château de son beau-frère (le comte Luigi Pianciani https://en.wikipedia.org/wiki/Luigi_Pianciani) et à se laisser embrasser un instant par sa fille.

Luigi PIANCIANI (1810-1890) Comme son frère Luigi, Carlo était imprégné des idées libérales de l'époque. La famille Pianciani était connue pour son opposition au pouvoir temporel des papes sur les provinces d'Ombrie et du Latium.

 

Elle retourna ensuite à Hochfelden pour poursuivre sa vie contemplative. Elle habitait une petite maison au nᵒ 344 de la Hauptstrasse et trouvait son plaisir et son passe-temps favori auprès des animaux. Elle avait une multitude de chats et de poules dans sa chambre ; pendant un temps, elle posséda même des douzaines de souris blanches. Son mari Carlo est décédé en 1878 et son frère Luigi devint alors le précepteur de Matilde tandis que la comtesse Thérèse Bock est entre-temps devenue une femme d'une soixantaine d'années.

 

Cet après-midi (le 6 juin 1901), une femme d'environ 40 ans, vêtue avec distinction et aux manières nobles, est arrivée et s'est fait conduire au presbytère catholique. Une demi-heure plus tard, elle était dans les bras de sa mère. Peu de temps auparavant, le beau-frère de la comtesse était décédé et avait confié à sa nièce, sur son lit de mort, que sa mère n'était pas morte, mais qu'elle vivait à Hochfelden en Alsace. On peut imaginer le bonheur des deux dames. Dès demain, la vieille comtesse quittera notre petite ville avec sa fille, qui est mariée, pour s'installer au pays des oranges et des citrons en Italie. C'est ainsi que l'amour filial a rendu possible ce qui, il y a plus d'une génération, avait dû échouer face à d'infranchissables barrières sociales.

Thérèse Bock est retournée à Hochfelden où elle a choisi de finir ses jours. (1)

Tombe de Thérèse BOCK, épouse PIANCIANI, à Hochfelden

(1) Thérèse Bock est née le 11 août 1834 à Hochfelden. Elle est décédée à Hochfelden le 9 janvier 1904 en présence du maître maréchal-ferrant Jean-Baptiste Wahlen qui a déclaré son trépas. Elle habitait seule dans sa maison. Elle était la fille d'Antoine Bock (1793-1871, maçon) et de Kirst Dorothé (1792-1870). Ses sœurs avaient pour noms Rosine, Françoise et Caroline. Son père Antoine était marié une première fois à Madeleine Wagner, décédée en 1822 et dont la fille, Marie-Anne, s'est mariée et est décédée à Barr. 

 

Remerciements particuliers à Mme Anna Muscardin, descendante de Matilde Pianciani et membre de la fondation Matilde Pianciani. 

Un peu d'histoire

De Valva à Valff, c’est tout d’abord un livre. A la fin des années 80, André VOEGEL et Rémy VOEGEL, Valffois et passionnés d'histoire, écrivent « De Valva à Valff » qui raconte l'histoire de la commune, petit village alsacien à proximité d'Obernai. L'ouvrage reprend, chapitre après chapitre, son histoire et celles de ses habitants. Dans les années 2010, Rémy VOEGEL complète la connaissance du village par divers textes édités dans le bulletin communal. 

Suite au décès d’André VOEGEL en février 2017, Rémy et Frédéric, son fils, se lance le défi de partager via le présent site les archives dématérialisées du livre, les vidéos de Charles SCHULTZ, sans oublier la publication des 40 classeurs historiques d’Antoine MULLER. Ces classeurs sont une mine d'or incroyable, car ils retracent en images toute l'histoire du village, de ses associations et de ses habitants.

Depuis, le devoir de mémoire de notre village alsacien se poursuit semaine après semaine.