Tout débute avec une lettre ouverte découverte sur le site Gallica de la Bibliothèque numérique de France, dans le journal « Le Rappel » de 1870, fustigeant le curé de Valff de s'occuper de ce qui ne le regarde pas ! L'Alsace Lorraine vient d'être annexée et certaines personnes continuent de s'informer dans des revues françaises. Si ce journal est en plus anticlérical ...
Fondé en 1869 par des membres de l’entourage de Victor Hugo, Le Rappel rencontre rapidement un grand succès parmi un public d’étudiants, d’ouvriers et d’artisans. Républicain et fortement anticlérical, le journal se caractérise par son radicalisme et son ton tranché. Dans les années 1880, la concurrence de La Lanterne, La Marseillaise et La Justice diminue son influence.

Édition du 3 mars 1870. Notez que le journal titre également en calendrier républicain : 12 ventôse an 78

Extrait d'un article anticlérical de 1882
La lettre ouverte

C'est du lourd ! Qui est ce curé de Walff ? Qui est cet étudiant KISSEL ?
Le curé

Recensement de 1871
En 1870, le curé de Valff, on le connait, il s'appelle Jean-Philippe RIEFFEL.


Niederreinischer Kurier du 26 avril 1868
Le curé RIEFFEL ne sait pas faire les choses en douceur. Déjà, lors de son arrivée dans la paroisse, il s'est fait remarquer par les membres du conseil de fabrique par son franc-parler.
En août 1866, se présente le prêtre Jean-Philippe RIEFFEL, prêtre du diocèse de Strasbourg et « exhibe » (dixit dans le relevé du Conseil de fabrique de cette année) sa nomination dans la paroisse de Valff devenue vacante par suite du décès du dernier titulaire.
En 1870, le curé RIEFFEL est déjà en guerre ouverte avec le maire et l'instituteur. Il informe le Conseil de Fabrique que l'instituteur Thiebault HILSZ a cessé, suivi dans ce sens par son aide instituteur, et sans l'en informer, les fonctions de sacristain. À cette époque, la guerre entre le maire ANDRES et le curé RIEFFEL était virale. Des divergences patriotiques après l'annexion avec l'Allemagne ? Notre patriote francophile Thiebault HILSZ avait-il choisi son camp ? [lire : Règlement de comptes à O.K. Corral-Valff].
En 1879, avant de partir pour Marckolsheim, RIEFFEL inaugurera encore une nouvelle parcelle au cimetière de Valff. À son départ, il ne laissera que peu de regrets mélancoliques !
Son père, Mathieu, était boulanger à Valff, donc le curé connaissait bien le village. Matthieu suivra son fils à Marckolsheim où il décèdera. C'est le vicaire Schmitt qui s'occupera de faire la déclaration à la mairie. RIEFFEL entretenait une belle cour. À Marckolsheim, après le décès de sa mère à Valff en 1875, il partageait le presbytère avec sa sœur Elisa, son père Matthieu, son neveu Aloïse, les vicaires DIEDENER Grégoire et GRIGEONNET Émile puis Lucien SCHMITT et Ernest RUY ainsi que la bonne Anne HERTZ et HIRTZ Marie-Anne, qu'il a amené de Valff.
C'est un simple colporteur épicier, en la personne de son frère ou de son neveu qui portaient le même prénom, Aloïse RIEFFEL et qui s'était déplacé à Oberhaslach pour le soutenir dans les derniers instants de sa vie, qui déclarera son décès à la mairie le 23 août 1895.

L'étudiant M. KISSEL
Pour découvrir qui était cet étudiant Kissel, nous n'avons pas beaucoup d'indices. Il devait avoir moins d'une vingtaine d'années en 1870.
Il y a eu effectivement des familles KISSEL qui ont habité le village. Mais aucun jeune ne correspond à notre recherche. Le jeune étudiant est externe d'un collège. Son frère se trouve à Paris. Le jeune collégien doit donc habiter près d'une agglomération où il y a un collège, mais rien. La recherche avorte... à moins qu'il ait gardé des liens avec une ancienne paroisse ? Cherchons à Maennolsheim ... rien ! Marckolsheim ? Toujours rien ! Munster ? Drusenheim ? Obernai ni même Barr. Toujours rien ! Dommage.
Une rencontre fortuite ? C'est possible. Peut-être que le curé a aperçu le collégien avec le journal à la main et l'aurait accosté, sinon comment aurait-il pu savoir ?

École de Valff 1948
Source : Gallica