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Après avoir sillonné en voiture automobile les routes sinueuses entre le Bas-Rhin et le Haut-Rhin, le Kayser Guillaume II poursuit sa visite de l'Alsace. Impressionné par la richesse culturelle et historique de notre belle région, il file droit vers Strasbourg. Grâce à un article découvert dans le quotidien « Le journal agricole d'Alsace Lorraine » de septembre 1908, nous pouvons retracer le déroulement chronologique de la visite du monarque [à lire : Le voyage du Kayser en Alsace en 1908 (partie 1) et Le voyage du Kayser en Alsace en 1908 (partie 2)].

L'article cité dans la partie 1 et 2 se poursuit : « Au lieu de passer par Schlettstadt, le cortège se dirigea ensuite vers la plaine basse du Rhin, sur Markolsheim, afin d'obtenir, là encore, une idée des grandioses créations de prairies et de pâturages entre Illhausern et Elsenheim, ainsi qu'une image de la région dite du Ried, avec ses localités empreintes d'un cachet d'aisance et de bien-être. Ce qui a surtout frappé ici l'Empereur, c'est la culture au caractère intensive du tabac, du houblon et des arbres fruitiers, qui prouve bien que le Ried ne le cède pas aux autres régions, ni au point de vue de l'aisance de ses habitants ni à celui d'une exploitation rationnelle. Partout au cours de cette excursion très étendue, Sa Majesté l'Empereur a manifesté l'intérêt paternel qu'il prend au pays et aux habitants du pays qu'il traversait, de même qu'il a exprimé sa joie que lui causait l'accueil cordial et spontané des populations, dont l'effet était d'autant plus agréable qu'il était dénué de toute intervention officielle.

Pont KUSS

Dimanche, Sa Majesté l'Empereur a assisté aux régates internationales dans le port de Kehl, puis fait une excursion en automobile dans les environs de Strassburg, dans la direction du Kochersberg, en compagnie du général-gouverneur de Strassburg. Le Souverain a touché les localités de Stützheim, Willgottheim, Rohr, Reitweiler, Pfulgriesheim et, en venant d'Oberhausbergen, a traversé Kronenburg, où la population célébrait précisément le "Messti" ou fête patronale. Sa Majesté s'est montrée grandement amusée de l'animation qui régnait sur la foire, et elle a remercié gracieusement les nombreux visiteurs du "Messti" accourus de toutes parts pour l'acclamer par des "h o c h !" retentissants.

Cortège impérial à Strasbourg

Régate internationale au quartier des Quinze

Le départ pour les manœuvres eut lieu dans la matinée de lundi vers 7 heures et demie, l'Empereur quitta le palais impérial accompagné par le Prince Auguste-Guillaume et les personnages de sa suite. Le cortège longea les quais, passa devant la gare, et fila sur la route d'Urville, en passant par Ittenheim, Marlenheim, Wasselnheim, Maursmünster, Zabern, Pfalzburg, Finstingen. Falkenberg, et Kurzel. Toutes les localités situées sur le parcours s'étaient préparées de leur mieux et en grande hâte, dans la mesure où elles pouvaient encore être informées à la toute dernière heure du passage probable du cortège, à faire un accueil convenable au Souverain, en ornant les rues de guirlandes et d'oriflammes, et en faisant la haie avec le concours de la jeunesse des écoles et des différentes sociétés. L'Empereur arriva en automobile au château d'Urville à midi 30 minutes. Kurzel avait revêtu se toilette de fête et les habitants ont acclamé l'Empereur de la façon la plus cordiale . C'est ainsi que se termina la visite du Kayser en Alsace ».

Revue des troupes

Le Palais du Rhin et le Kayserplatz aujourd'hui Place de la République a été construit sous le règne de Guillaume I le père de Guillaume II que ce dernier inaugura en 1889. Les bâtiments furent considérés dès le début des travaux comme « massifs et éléphantesques ». Une statue en mémoire de Guillaume I, trônait fièrement au centre de la place.

Après la défaite allemande en 1918 le monument fut déboulonné et remplacé par ... un avion biplan allemand Fokker en 1919 !

Défilé français devant le Palais du Rhin en 1918

La visite du Kayser s'était déroulée, jour pour jour, 10 an et 1 mois et 20 millions de morts avant la capitulation du Reich en 1918. Grandeur et déchéance, liesse et défiance, adoration puis oubli, la vie de Guillaume II est le symbole d'une époque que la Grande Guerre souffla comme les bombes. 

Sources :

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